samedi 6 mars 2010

Miss Baden-Baden


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Maman était jumelle avec un frère, elle a eu des jumeaux.
Moi qu’était jumelle j’ai eu des jumeaux.
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Alors vous voyez il y a quatre générations de jumeaux.
J’ai quitté à 8 ans la maison pour travailler à l’Hôtel de l’Union Cossonay, je faisais les commissions, je faisais un petit peu de tout, c’est là que j’ai commencé à servir les clients, jusqu’à ma confirmation, jusqu’à mes 16 ans.
Après je suis parti en suisse allemande, j’ai été à Baden.
J’étais à Bâle pour commencer, à l’Ecole des Femmes, où on apprend la couture, on apprend tout tout tout, puis après je suis partie à Baden chez un coiffeur, Monsieur B*.
C’est à Baden que j’ai été Miss Baden-Baden, voyez, j’avais 18 ans, vous voyez, c’était en 1944. J’avais une copine qui venait d’Echallens, ma copine me disait toujours « écoute il faut t’inscrire il faut t’inscrire» je disais non non non non je m’inscrit pas.
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Puis je me suis quand même inscrite, et puis voila qu’ils ont appelé.
Ils ont appelé « Mademoiselle, C* N**, voyez, par-ce que je suis une N* » alors j’y suis allé.
Alors j’ai eu une journée magnifique, on a été mangé dans un magnifique restaurant, j’ai reçu des fleurs, j’ai reçu des bons pour acheter différentes choses, et puis on a été faire un magnifique tout sur le lac de Zurich.
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J’ai arrêté là.
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Quand mon pasteur, quand il est venu me trouver, par-ce que j’avais perdu une belle sœur, j’ai récité la Reine Berthe.
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La Reine Berthe
« Connaissez vous cette humble Reine que son peuple aimait tendrement
Jadis était la souveraine des bords de notre beau Léman.
Quelques milliers de toits de chaume épars dans des lieux écartés
Quelques châteaux, quelques cités,
C’était bien là tout son royaume.
Le parcourant dans les beaux jours,
Elle filait, filait toujours.
On dit que Pacotte et Yolande soudain Macado
Avaient fait moi de la légende une fille, dans les beaux jours, ainsi que moi, filait, filait toujours.
Quand le Bon Dieu la repris de ce temps, cette Reine de bon vieux temps,
Son pays douleur profond fit pleurer tous ses habitants
Et dans un pieux sanctuaire,
entre le parvis et l’hôtel,
on déposa son corps mortel,
enveloppé d’un blanc suaire.
La Reine Berthe filait filait, filait toujours »
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J’avais 8 ans !
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Vous savez mes enfant n’en reviennent pas de la mémoire que j’ai
Et puis quand on a eu fini de boire le thé, qu’on a raconté assez d’histoire, et qu’on a parlé d’un peu tout le monde de Cossonay, je lui dis « et ben pour finir la journée je vais vous réciter la Reine Berthe ».
Il en revenait pas.
Je sais beaucoup de choses hein.
Vous savez quand on me fait des coups tordus je m’en rappelle toujours.
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Je me suis engagée chez un monsieur qui était caviste.
Et puis vous comprenez comme j’étais très mince, j’avais pas tout à fait 16 ans, quand j’ai été j’avais 42 kilos.
Le tonneau avait 18cm d’ouverture.
Je rentrais la tête la première comme ça en biais, et je lavais les tonneaux, à l’intérieur.
Mais il fallait qu’ils soient deux semaines ouverts.
Je suis rentrée une fois qu’il y avait une semaine et demie, j’ai dû ressortir tout de suite !
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Je serait devenue saoule vous comprenez ?
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3 commentaires:

Charlotte a dit…

Salut ;)

J'ai une petite question : s'agit-il d'un reportage que tu as fait dans le cadre de ton école ou est-ce que ça vient de ta propre initiative ?

C'est marrant, quand j'ai commencé à lire le texte après les 3 photos d'un autre temps, je me suis dit "c'est de la fiction, c'est pas possible"; et puis quand j'ai vu enfin la dame en photo, je suis devenue toute rouge et me suis rendue à l'évidence.

Bravo, joli travail !

Lazy a dit…

Géniale, cette série ! Tu tiens un personnage et t'arrives à recréer une ambiance.

Armand a dit…

miaw rapelle moi de te dire un mot sur ca aussi :)